Le sel n’est plus et ne vient pas

09-Mer-déchainée

Toi qui connais les matins calmes où les caresses sont des putains,
Toi qui décèles dans les sourires les cernes mauves des vieux marins,
Arrache-toi, sans crier gare, sans même l’ivresse,
Car sur les tempes de ton passé qui s’affolent comme des catins
Le sel n’est plus et ne vient pas.

Toi qui entends les voix murmures qui te défient de tout quitter,
Quand le temps sourd n’accueille que toi, à la merci des esseulés,
Déleste-toi, sans coup férir, renie ton monde,
Car sur la pente de tes amours, bien décidée à t’effriter,
Le sel n’est plus et ne vient pas.

Toi qui connais pourtant si bien les danses louves qui te subliment,
Toi qui dénonces depuis toujours les plaies béantes des souvenirs,
Réfugie-toi, seul dans la nuit, sans rien n’attendre,
Car sous l’ombre de tes pas qui te poursuit sans même jaillir,
Le sel n’est plus et ne vient pas.

Le sel n’est plus et ne vient pas,
Le sel n’est plus et ne vient pas.

SJ

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