#Sans Elles : On est parfois si bien que l’on redoute l’avenir…

On est parfois si bien que l’on redoute l’avenir. Sans raison. On tremble à l’idée que les tempêtes finiront pas nous rattraper, fracassant en l’espace de quelques secondes ces fondations que l’on pensait indestructibles. Car le bonheur est un ennemi sérieux. Il est celui qui nous donne quelque chose à perdre, et par conséquent, celui qui nous affaiblit. Par le doute qu’il installe, par ce matelas de confort auquel on a pris goût et qui peut se dilapider au moindre coup de vent.

C’est pour cela que dans les états de grâce, on implorerait le ciel pour pouvoir mettre en bouteille ces sentiments d’allégresse, simplement pour pouvoir en sniffer chaque fois que les nuages s’accumulent à l’horizon.

Loin de tout, pour être sûr d’être à jamais heureux.

Il suffirait alors simplement de récolter cette joie qui plaisante avec nos sentiments, puis de la garder au sec dans des contrées où l’avenir est un ange. En dépit du mauvais temps, on pourrait ainsi se réfugier dans les plis des couvertures, à la jetée des insouciants, et se shooter jusqu’à l’overdose.

Conscient malgré tout que les réserves s’épuiseront fatalement.
Stéphane Jouanny
Sans Elles : Extrait Chapitre 15

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